Une discussion vaut mieux qu’un malentendu

Bonjour,

 

Pour ceux qui n’ont pas suivi l’histoire du tableau de la petite fille noire qui rêve d’être présidente quand elle serait grande, vous pouvez encore rattraper le train en marche en consultant mes deux précédents articles :

 

 

Pour ceux qui ont suivi, voici la suite et fin.

 

Hier donc, mercredi 7 juin 2016, j’écoute le message vocal laissé par un numéro inconnu. Il s’agit de la vendeuse de la boutique qui m’indique qu’elle a commandé le tableau et que si je le souhaite je peux venir le voir. Cet appel tombe à point nommé puisque les jours qui ont précédé, je m’étais beaucoup questionnée sur la conversation que j’avais eue avec elle et j’avais finalement décidé de retourner la voir pour en rediscuter avec elle.

 

Il fallait que je lui fasse part du fait que j’avais été choquée par ses propos.

 

Donc je vais chercher mon fils à l’école puis nous nous rendons dans le magasin. Elle me montre le tableau, je l’en remercie. Je lui dis que je suis contente de savoir qu’il est toujours fabriqué. Et enfin vient le moment où je me décide à aborder le sujet.

 

J’ai commencé par lui demander si elle me permettait d’être sincère avec elle. Puis je lui ai avoué que j’avais failli ne pas revenir pour acheter les articles que j’avais commandés. Etonnée, elle me demande pourquoi. Je lui rappelle la conversation que nous avions eu la semaine précédente. Etonnée puis confuse et désolée, elle m’assure qu’en aucun cas la couleur de peau de la petite fille était un quelconque problème, bien au contraire. Elle m’explique qu’un tableau avec un petit garçon blanc et la même phrase (« Quand je serai grand, je serai président ») existait auparavant et que justement la fabrication avait cessé car il ne se vendait pas. Puis elle ajoute, qu’alors qu’il n’y a qu’une petite fille noire parmi les 95 tableaux, elle avait trouvé dommage qu’il n’y ait que ce slogan car ce n’était pas celui qui faisait le plus rêver les enfants en comparaison aux princesses, aux infirmières etc.

 

Ouf… mon coeur se desserre… car je l’ai trouvé sincère. Son explication se tient et me convainc. Nous avons continué à discuter. Je lui ai dit qu’effectivement je trouvais dommage qu’il n’y ait qu’une petite fille noire et pas de garçon noir non plus. Je lui ai dit aussi que nos petites filles et petits garçons ont besoin également de ce genre de tableau. Je me suis même permise de lui demander un service : commander à nouveau la petite fille noire et l’exposer en vitrine. J’ai vraiment envie de savoir si j’ai raison de croire qu’une autre maman serait autant ravie que moi de tomber sur ce tableau. Certes, il est dommage que la créatrice n’ait pas fait plus d’enfants noirs (et autres) parmi les 95 tableaux mais, la réalité de la société, elle, est tout autre ! Aux abords de cette boutique, vont et viennent chaque jour des centaines d’enfants de toutes origines et de tout âge.

 

En sortant de la boutique, je suis contente de moi. Contente et fière de ma réaction et du choix que j’ai fait d’ouvrir le dialogue avec cette dame. Nous donner à toutes les deux une chance de ne pas rester sur un malentendu, la possibilité d’échanger nos points de vue et de nous comprendre.

 

En ouvrant ce blog, je savais qu’il ne serait pas qu’un simple répertoire d’une liste de livres que je vous conseille pour vos enfants. Ce blog se veut engagé. Mon but n’est pas seulement de vous aider à trouver des livres. Au-delà de ça, j’ai bon espoir de pouvoir faire bouger les choses ne serait-ce que d’un centimètre, de pouvoir faire réfléchir. A quoi cela aurait-il servi que je reste sur l’impression que la vendeuse était peut-être raciste et que, de son côté, elle ne comprenne pas pourquoi je lui ai fait commander des choses qu’ensuite je ne viens pas chercher ?

 

J’ai donné le nom de mon blog à la vendeuse. J’espère bien qu’elle y passera et qu’elle lira les trois articles. Elle comprendra, je pense, d’autant mieux mon initiative. L’abcès est maintenant crevé et déjà cicatrisé…

quand-je-serai-grande-je-serai-presidente

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