Tiens-toi droite

Résumé

« Adjoa, tiens-toi droite. » Je l’ai entendue combien de fois dans ma vie, cette chanson ? Ici à Djougou, pour faire grandir une fillette, on lui pose des trucs sur la tête et elle doit les pousser le plus haut possible vers le ciel, sans les faire tomber. Plus elle grandit, plus c’est lourd.

Communiqué de presse de la maison d’édition

Dans la lignée de Brindille, Tiens-toi droite, nouvel album de Rémi Courgeon, raconte le magnifique portrait d’une jeune Africaine qui prend sa vie en main.

« Adjoa, tiens-toi droite. » Je l’ai entendue combien de fois dans ma vie, cette chanson ? Ici à Djougou, pour faire grandir une fillette, on lui pose des trucs sur la tête et elle doit les pousser le plus haut possible vers le ciel, sans les faire tomber. Plus elle grandit, plus c’est lourd.

Les colis sont si lourds que l’on se pèse pour voir qui porte le plus gros fardeau, les colis prennent tant de place que les enfants sont portés dans le dos. Sur leur tête, les femmes portent des calebasses, des cages à lapin, des fagots et du manioc, mais elles portent aussi des secrets durs à garder, des petites jalousies, des déceptions et des amours cachés… Adjoa fait partie de ces femmes, mais sa vie bascule le jour où elle doit porter des planches de bois chez le menuisier Sossou. Le fardeau est tellement lourd qu’elle le pose et y découvre un révolver avec 3 balles dans le barillet…

Rémi Courgeon nous offre une nouvelle fois un très beau portrait de femme. Comme dans Brindille, les illustrations épurées et efficaces sont pleines de force et l’écriture, toute en consision, propose une histoire rythmée.

Un livre debout, à l’image de ce portrait de femme, digne et courageuse. Une évocation rare en albums pour la jeunesse de la vie des femmes en Afrique : tout le génie de Rémi Courgeon dans ce très bel album.

Mon avis

« Une évocation rare en albums jeunesse de la vie des femmes en Afrique ». En effet, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai ouvert ce grand et beau livre, d’y voir le portrait des femmes africaines qui y est dépeint. Des femmes droit debout, fortes, courageuses avec leurs charges sur la tête, des femmes au travail. Telle est la réalité des femmes sur le continent africain. Rare sont les albums jeunesse qui, lorsque l’histoire se déroule sur le continent africain, mettent en avant les valeurs telles que le travail, la transmission, la fierté, la force de caractère. Ici, ce sont ces valeurs que l’on retrouve au début de l’album.

Egalement, il est fait un bel hommage à la beauté des cheveux crépus. En effet, lorsque les jeunes filles jouent à la pesée pour savoir qui porte la charge la plus lourde, celle qui gagne a droit à une nouvelle coiffure que l’illustrateur a magnifiquement mis en avant avec des coiffures à tresses.

En poursuivant la lecture, on découvre une Adjoa devenue adolescente. Une belle jeune femme qui commence à plaire aux garçons. Mais là encore, c’est une jeune femme droite dans ses bottes que nous dépeint l’auteur. Une jeune femme dont les préoccupations ne sont pas (encore) les garçons.

Tout au long de l’album, l’on retrouve une Adjoa vaillante, forte et fière.

Les illustrations sont en effet épurées, les couleurs sont vives. Le fait que le livre soit grand (format 180 x 320 mm) accentue la thématique de la grandeur et renforce la majestuosité d’Adjoa.

Tiens-toi droite est un très beau livre. Néanmoins, j’ai été surprise et déçue de l’introduction de l’histoire de l’arme à feu. Je n’ai pas compris l’intérêt. Ou plutôt si, je comprends l’intérêt mais je ne trouve pas que cela ait sa place dans un album jeunesse recommandé à partir de 8 ans. D’autant plus que cette partie n’est pas mentionnée sur la quatrième de couverture. Je pense que nous sommes nombreux à acheter des livres en se contentant de regarder la couverture, la quatrième de couverture et tout au plus en feuilletant les premières pages mais rarement en lisant tout le livre dans le magasin avant de l’acheter.

Avant de recevoir cet album pour un service presse, je l’avais vu en librairie. Je vous l’avais partagé dans ma story Instragam. Ce jour-là, je faisais un tour en librairie et je vous ai partagé des couvertures de livre qui me tapaient dans l’oeil, dont celui-ci. Et justement, je ne l’avais pas feuilleté jusqu’à la fin. En le lisant à la maison, mon enthousiasme est retombé à partir de la scène de l’arme à feu.

Je pense comprendre le message de l’auteur. Selon ce que je comprends, il a voulu mettre en avant le courage et la force de caractère d’Adjoa qui réussit à se sortir de cette situation compliquée et dangereuse. Néanmoins, j’ai du mal à reconnaître alors l’intérêt d’offrir cet album à un enfant.

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire cet article car j’ai pour habitude de n’acheter que des livres qui me plaisent et que je souhaite vous recommander. Ici, il s’agit d’un service presse, mais alors j’ai hésité aussi à écrire l’article à cause de cette critique. Puis, je me suis décidée à vous partager mon avis sur cet album car c’est aussi par la critique constructive que nous pouvons faire avancer les choses.

Je remercie les éditions Milan pour cet album qui, somme toute, reste très beau. J’espère que mon avis nourrira une réflexion constructive sur cet album et la littérature jeunesse en général. Peut-être une deuxième édition avec une fin alternative est-elle possible ? Si la fin était tout autre, je ne doute pas que cet album rencontrerait un joli succès.


Pour quel public ? Recommandé à partir de 8 ans par la maison d’édition. 
Où ai-je trouvé ce livre ? Il s’agit d’un service presse. Le livre est disponible en librairie et sur internet.
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Auteur : Rémi Courgeon
Editeur : Milan
Prix : 16,90€

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