Le vilain gros oiseau noir et le joli petit oiseau blanc…

Ce soir, je suis dans une colère blanche.

Si vous étiez en face de moi, vous le verriez à mon regard blanc.

Peut-être diriez-vous que je vois tout en blanc mais… comment m’en empêcher ?

Le blanc, cette couleur que j’aime tant,

cette couleur qui me décrit aux yeux des gens, qui décrit mon enfant.

Elle est cette même couleur qui décrit la tristesse, la détresse.

La malhonnêteté, la méchanceté. La mort, les mauvais sorts.

Ce soir, je broie du blanc

car j’aimerais que le blanc ne soit plus la bête blanche de la palette de couleur.

Ce soir, j’ai des pensées blanches . Ce soir, j’ai mal eu coeur.

Parce que mon fils est blanc

et que toutes ces expressions ne l’aident pas à aimer sa couleur.

Exercice : Dans le texte précédent, remplacez les mots soulignés par son contraire.

Quand on se bat intellectuellement pour que la couleur noire, à laquelle nous sommes associés, soit réhabilitée, aucun détail ne nous échappe. Je suis en colère. Y en a marre d’assimiler ce qui est noir à ce qui est mauvais, laid, méchant ! On ne peut pas dire à un enfant qu’il est noir et en même temps lui dire, lui montrer, lui rabâcher, lui faire faire des devoirs où l’on associe noir à laid, vilain, méchant !

Certains diront que c’est un détail et que je vois le mal partout. Moi je dis que ça s’imprime dans l’inconscient des enfants. Moi je dis qu’en tant que concernée par cette couleur noire je suis en droit d’être en colère. Moi je dis que si jusqu’à aujourd’hui c’était normal, ça doit changer. C’est ce que Lilian Thuram a appelé « le conditionnement » dans cette vidéo => ici.

C’est bien pour cela que le texte d’introduction vous a semblé absurde de prime abord. Le conditionnement mental… Noir = mauvais, laid, méchant. Blanc = bon, beau, gentil.

Résultat, dans un exercice de français sur les contraires que mon fils devait faire ce soir  « Un vilain gros oiseau noir » devient « Un joli petit oiseau blanc ».

Alors moi je dis NON.

Non, le noir n’est pas le contraire du blanc. Sinon quel est le contraire de vert ? De rouge ?

Noir est une couleur. Blanc en est une autre.

Donc pendant que j’aide mon fils à faire ses devoirs, je me retrouve à devoir lui expliquer en même temps que NON le contraire de noir ce n’est pas blanc et NON ce qui est noir n’est pas laid.

Comme le jour où la maitresse de maternelle de mon fils lui avait dit que le marron ce n’est pas joli (en parlant du fait que sur un dessin ça fait triste) et que mon fils avait fait le rapprochement avec sa couleur de peau…

Je ne vais pas changer la langue française, mais je ne vais certainement pas changer la couleur de peau de mon fils… Je vais lui apprendre à aller à l’encontre du conditionnement mental de masse.

2 réflexions sur “Le vilain gros oiseau noir et le joli petit oiseau blanc…

  1. Ce post est juste extra – ordinaire !
    Il fait totalement écho à une discussion que j’ai eu avec mes filles récemment.
    Nous avons bien sur commandé le livre « comme un million de papillons noirs » de Laura Nsafou et quand tu participes au crowdfunding, tu reçois le livre en avant première en pdf.
    Je l’ai lu avec mes nanas qui m’ont répondu « nos cheveux ne sont pas comme des papillons noirs, les papillons noirs c’est moche ce sont ceux de la nuit et ceux qui sont beaux ce sont les colorés. »
    Et là, je suis restée bouche bée !
    J’étais trop contente de leur proposer une histoire qui leur ressemble avec des illustrations superbes et j’ai fait choux blanc sur toute la ligne.
    C’est en lisant ton article que je viens de comprendre que mes filles sont déjà conditionnées par la négativité liée à la couleur noire.
    Cela me donne une piste pour retravailler tout ça …
    Merci pour ce post

    • Oh ! Quelle surprise ! 🙁 en effet je n’aurais jamais pensé à une telle réaction face à ce magnifique livre… 🙁 Quelle tristesse. En effet, nous sommes conditionnés et il faut en avoir conscience pour rectifier le tir. Contente que mon article ait pu t’aider !

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