La rue Cases-Nègres

♥ Coup de coeur ♥

 

Résumé

A la rue Cases-Nègres, à Petit-Morne, bourg de Rivière Salée, José et ses amis vivent dans l’insouciance tandis que leurs parents, de pauvres gens, triment dans les plantations de canne à sucre pour gagner leur vie.

C’est dans ce contexte que commence La Rue Cases-Nègres, ce grand classique de la littérature antillaise. A travers le récit de sa propre enfance, Joseph Zobel y décrit la Martinique des années 1930, en peignant avec la mémoire du coeur et des blessures, la vaillance, la dureté et la tendresse des descendants d’esclaves, acharnés à bâtir pour leurs enfants un pays plus libre et plus généreux.

 

Mon avis

Nous sommes ici plongés dans la Martinique des années 1930, dans le quotidien de José qui vit avec sa grand-mère, Man Tine, à la rue Cases-Nègres tandis que sa mère vit à Fort-de-France pour son travail. Man Tine travaille dur dans les plantations de cannes à sucre mais elle est souciante de l’avenir de José. Elle souhaite qu’il aille à l’école et obtienne son bac, sésame pour une vie meilleure à cette époque.

Au fil des pages, le quotidien de José et Man Tine nous est dévoilé : la dureté du travail dans les champs de cannes à sucre, la pauvreté et les privations nécessaires à la survie, la sévérité de l’éducation donnée par Man Tine et les autres parents de la rue Cases-Nègres. On y découvre également les bonheurs simples d’enfants qui n’ont rien mais que la vie n’empêche pas d’être heureux.

La Rue Cases-Nègres fait partie de ces grands classiques de la littérature antillaise. Il s’agit d’un roman autobiographique publié dans les années 1950 dont l’adaptation cinématographique est sorti en 1983 et cette année, la maison d’éditions Présence Africaine a publié l’adaptation en bande-dessinée.

Pour quiconque est familier de l’histoire des Antilles et des familles antillaises d’antan, tous les éléments sont présents : un mélange d’amour inconditionnel pour son enfant, mêlé d’un sentiment de peur et d’angoisse permanent. Peur du devenir de son enfant en raison des conditions de pauvreté dans lesquelles ont été laissées les familles descendantes d’esclaves. En 1930, presqu’une centaine d’années se sont écoulées depuis l’abolition de l’esclavage. Pourtant, la majeure partie des familles descendantes d’esclave vit dans une pauvreté extrême. L’avenir c’est donc l’école, pour ceux qui peuvent avoir la chance d’y aller.

De même, la structure familiale de José est très représentative des familles antillaises d’antan (je précise « d’antan » car bien heureusement les choses ont évoluées) : un père absent, une mère et son enfant qui vivent encore avec la grand-mère. Un schéma familial bien souvent hérité de l’esclavage, période pendant laquelle les familles étaient déstructurées, détruites, séparées.

Je n’en dirai pas plus sur le contenu de la bande-dessinée mais je suis ravie que certaines maisons d’éditions pensent à adapter des classiques afro-antillais en bande-dessinée ou en livre jeunesse. Ceci est primordial pour la transmission de la culture et de la littérature afro-antillaise à nos enfants.

 

Pour quel public ? Enfant à partir de 12 ans (selon moi)
 
Où ai-je trouvé ce livre ? Il m’a été offert par la maison d’édition Présence Africaine pour un service presse. Vous pouvez le retrouver à la librairie Présence Africaine et sur leur site internet : www.presenceafricaine.com
 
Je vous conseille aussi : Kama. Il était une fois en Afrique.
 

Auteur : Michel Bagoe adaptation du roman de Joseph Zobel
 
Illustration :  Stéphanie Destin
 
 
Prix : 18€

2 réflexions sur “La rue Cases-Nègres

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