La boulimie de livres ou le complexe du manque de culture générale

 

J’ai une confidence à vous faire… En ouvrant mon blog, d’années en années, il y a une chose dont je me suis rendu compte. Au-delà de la recherche de représentations positives pour mon fils et au-delà de vouloir lui transmettre le peu de culture « afro » que j’ai, j’ai pris conscience que j’essayais (j’essaie ??) aussi de rattraper un retard. Mon retard en culture générale… Le complexe du manque de culture générale est un « mal » qui touche beaucoup de personnes et que peu osent avouer.

Quand m’en suis-je rendue compte ? En intégrant le monde du travail, la finance plus particulièrement… Car finalement, j’étais une très bonne élève pendant toute ma scolarité. « Normal » te dis-tu quand tu comprends bien plus tard que dans les ZEP / REP du 93, il suffit (suffisait ??) d’être moyen pour être bon (comme l’a si bien dit Omar Sy dans une interview sur C à Vous à visionner ici).

En fait non. Ce n’est pas en intégrant le monde du travail que je m’en suis rendu compte mais dès l’après lycée. C’est à cause de ce complexe de manque de culture générale que l’on quitte une prépa littéraire (dans laquelle pourtant on a été acceptée) pour intégrer un cursus qui nous semble moins compliqué. Le gap était trop grand. J’en parle dans mon article ici Laissez-les choisir.

Pendant, une grande partie de ma vie professionnelle, cela ne m’a pas tant dérangé que ça. J’avais un bon travail, un salaire convenable, les connaissances qu’il fallait pour exercer mon métier (des connaissances très pointues d’ailleurs) et des connaissances suffisantes pour discuter avec mes collègues (oui quand même !). Mais pas sur tous les sujets. En même temps, tant mieux car j’aime apprendre ! Et j’apprenais donc de ces échanges. Mais quand même, ça pique quand tu te dis à toi-même que cette conversation tu ne peux pas la tenir…

Cela s’est amplifié quand je suis devenue mère (encore une fois ^^, quel bouleversement décidément de devenir parent !) et cela continue aujourd’hui plus que jamais ! Je pense que ceci explique en grande partie ma boulimie de livres. Je pense que ceci explique que je faisais énormément de choses, d’activités et de sorties culturelles avec mon fils lorsqu’il était petit. Moins maintenant faute de temps et parfois de motivation. Ceci expliquerait aussi en partie la volonté que j’ai eu d’intéresser mon fils à la lecture très tôt. Si bien que lorsque je tombe sur un livre instructif comme First Generation, 36 trailblazing immigrants and refugees who make America great, je ne peux m’empêcher de l’acheter. Je veux apprendre, je veux comprendre, je veux reprendre… à zéro ma culture générale.

Et en même temps, un jour je me suis posée la question. Qu’appelle-t-on culture GENERALE ? Que met-on dedans ? Qui décide de ce qui est général ? Qui décide de ce qu’on y met ? Cette culture GENERALE n’est-elle pas « géobiaisée » ? « Géosubjective » ? Et puis, moi qui suis française et afro-descendante, je manque de culture générale sur mon pays de naissance et sur l’histoire de mes origines, l’Afrique, les Antilles… Quel boulot ! C’est comme cela qu’un jour au travail, mes collègues s’étonnèrent que je ne comprenne pas une blague que venait de faire l’un d’entre eux et dont la référence était Tintin. « Oui, excusez-moi. Je n’ai jamais lu une seule BD Tintin… Et en même temps, je ne pense pas avoir raté grand chose… Par contre j’ai lu Aya de Yopougon. Qui connait ? » Une mouche a volé. La seule collègue non franco-française qui était présente a, elle aussi, confirmé n’avoir jamais lu aucun Tintin. Manque de culture générale ou intérêts différents ?

Aussi comment faire pour retenir tout ce qu’on apprend dans une vie ? Car ce n’est pas faute de s’intéresser, de s’informer, mais mon cerveau décide de ce qu’il a envie de retenir et autant dire qu’à l’école j’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser à l’Histoire d’une France qui ne me ressemblait pas, ne me considérait pas, ne me voyait pas. Comme je le lui ai déjà dit par réseau social interposé « si j’avais eu un professeur d’Histoire tel que Naïl Ver-Ndoye » j’aurais adoré l’Histoire, j’aurais mieux fait le lien entre la France et moi et mon cerveau aurait peut-être bien voulu retenir…

Bref. On ne refait s le passé mais on construit l’avenir (même si je n’aurai jamais assez d’un cerveau et de 24h dans une journée pour apprendre autant que je le voudrais). Alors je rattrape comme je peux et avec plaisir !

Un article du Monde à lire ici qui parle de ce sujet.

Et vous ?  Pensez-vous « souffrir » également de ce complexe de manque de culture générale ? Que faites-vous pour y remédier ?

 

 

 

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