Goûter-Lecture – 27 février 2016

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Si je pouvais organiser de grands goûters-lecture dans un endroit cosy, confortable afin d’accueillir de nombreux enfants, je le ferais et j’espère bien qu’un jour je le ferai.

Etant donné que ce goûter-lecture me tenait à coeur, pour l’instant, j’ai fait avec les moyens du bord : à la maison. Le nombre d’enfants était donc limité car malheureusement je ne vis pas dans un château ^^ Mais cela avait tout son charme, on se serait cru en famille… Trois mamans ont répondu présentes et avec mon fils, il y avait 7 enfants.

Donc les préparatifs ont commencé le vendredi 26 février : jus, thé, café, macarons… livres, jeux, coloriages… plaids, fauteuils et coussins attendaient les invités.

Les enfants et les mamans se sont beaucoup intéressés aux livres de ma bibliothèque. Je pensais leur faire la lecture mais finalement cette après-midi a été de l’improvisation totale ! Après avoir lu un peu, les enfants ont joué, dessiné et nous avons discuté entre mamans.

Nous avons échangé sur la condition d’une personne noire en France et sur la façon dont nos enfants grandiront en tant que français noir. J’ai beaucoup apprécié ces échanges. Divers sujets et questions ont été abordés :

Quel intérêt de revendiquer la fierté d’être noir ?

A la maison, j’ai un exemplaire du magazine pour enfant Youpi dont le sujet principal est « Pourquoi on n’est pas tous de la même couleur ? ». L’article explique avec des mots simples d’où nous vient notre couleur de peau et pourquoi ce n’est pas bien d’être raciste.

A la fin de l’article, une phrase m’a interpellée : « C’est bête d’être fier de sa couleur de peau. » Au départ, j’étais un peu choquée et je me suis dit que forcément quand on est blanc on ne comprend pas la nécessité de se rendre fier de sa couleur de peau.

Ensuite, j’ai réalisé que si un blanc revendiquait sa fierté d’être blanc, je le prendrais sûrement pour un raciste ou un facho. J’ai alors compris que dans l’autre sens ça puisse choquer aussi ». Et j’ai fini par penser qu’il était plus juste de dire qu’on est bien dans sa peau plutôt que de dire qu’on est fier d’être noir, blanc, jaune.

Il semble qu’un africain natif du continent ressente moins le besoin de revendiquer sa fierté d’être noir. Pourquoi ?

Parmi les mamans présentes, j’étais la seule antillaise. Les trois autres mamans étaient originaires de la Côte d’Ivoire et du Cameroun. Nous avions clairement une position différente sur la question et je me suis demandé pourquoi.

 

Ce que je vais dire n’engage que moi. Je pense qu’une personne qui se sent déracinée (comme c’est mon cas) ressent peut-être plus le besoin de revendiquer son appartenance à la communauté noire qu’une personne en paix avec ses racines, ses origines, son histoire. Elle ne se pose pas la question de savoir qui elle est. Ce n’est que mon avis. Je serai curieuse d’avoir le vôtre.

 

Pourquoi aujourd’hui emploie-t-on le terme « noir » à toutes les sauces ? Le Paris Noir, musique noire etc… Le terme « afro-descendant » n’est-il pas plus juste ?

Ce sujet a été pour moi le plus intéressant car bizarrement (ou pas) je ne m’étais jamais posée la question. Peut-être de nouveau une différence de point de vue entre africain et afro-descendant…?

 

J’ai toujours trouvé justifié que l’on emploie le terme « noir » pour qualifier tout ce qui touche à la culture des afro-descendants. Mais une des mamans n’était pas du même avis et m’a demandé « Mais pourquoi employer ce terme ? Pourquoi tout réduire, nous réduire à ce terme-là ? ».

 

On s’est alors demandé si, par exemple, des réunionnais très clair de peau, voire pratiquement blancs se considéraient comme noirs ? Mais alors quand on pousse la réflexion un peu plus loin « Est-ce que tous les afro-descendants (aussi clairs de peau soient-ils) se reconnaissent quand on emploi le terme « noir » ? Et d’ailleurs est-ce que tous se reconnaissent comme étant « afro-descendants ? »  Quel est votre avis ?

 

Et pour finir sur cette interrogation, mon sentiment est qu’on se sentira peut-être moins « obligés » d’utiliser le mot « noir » lorsque ce terme, cette couleur, cet état de fait ne sera plus stigmatisé car lorsque quelque chose devient « normal », « commun », il n’est nul besoin de revendiquer.

Cette après-midi fut très enrichissante.

Un montage vidéo du goûter-lecture est disponible sur la page Facebook.

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