Dandara et les esclaves libres

♥ Coup de coeur ♥


Résumé

En pleine forêt tropicale brésilienne, au 17e siècle, des dizaines de milliers d’esclaves fugitifs regroupés dans le camp quilombo de Palmares résistèrent aux Portugais pendant un siècle. Zumbi en fut le chef mythique et Dandara, sa compagne, resta pendant longtemps dans son ombre.

Aujourd’hui, plongez dans l’aventure de sa vie ! Rebelle et féministe avant l’heure, fine stratège, experte en capoeira, Dandara apparaît surtout comme une femme maîtresse de son destin – et avide de justice et de liberté.

L’auteure, se basant sur les études les plus actuelles, a décidé de réécrire cette histoire officielle qui a trop souvent omis la résistance des vaincus, et trop souvent oublié le rôle des femmes !

Écrit dans un style entraînant, Dandara et les esclaves libres s’adresse aux jeunes comme aux adultes, afin de découvrir un pan méconnu de l’histoire de l’esclavage et de célébrer ces femmes qui ont lutté pour notre liberté d’aujourd’hui.
Une inspiration, pour que nous soyons tous, à notre façon, des héroïnes et des héros.

L’auteure Jarid Arraes écrit sur les femmes Afro-Brésiliennes qui ont marqué l’Histoire mais ont été injustement oubliées.

 

Mon avis

Par où commencer…? C’est le genre de récit sur l’esclavage que j’aurais aimé lire quand j’avais douze – quatorze ans. C’est le genre de livre sur l’esclavage que j’aimerais voir adapté au cinéma. Un récit du point de vue du lion et non plus du chasseur et ça change toute la donne…

Dans ce roman de Jarid Arraes, sont mis à l’honneur, d’une part, les africains déportés refusant leur nouvelle condition d’esclaves et décidant de se battre pour leur liberté et d’autre part, les femmes, leur courage et leur combativité. Ce sont là deux aspects de l’Histoire de l’Afrique et de l’esclavage qui sont souvent occultés. Oui, les africains déportés ont combattu. Ils n’ont jamais accepté leur condition d’esclave. C’est bien pour cela qu’in fine ils ont réussi à arracher (et pas « obtenir ») leur liberté où qu’ils se trouvaient, là où se pratiquait l’esclavage (Haïti (auparavant Saint-Domingue) ayant été la première à s’en libérer). Ils ont combattu de toutes les manières possibles : par l’attaque, par la ruse, par des tentatives d’empoissonnement, par la résistance, par la désobéissance et même par la mort car un esclave mort était une perte d’argent pour le propriétaire.

Dandara est un formidable exemple de courage, de ténacité. Alors que l’auteure n’a trouvé que très peu d’informations concernant Dandara, son imagination, son style d’écriture et l’univers fantastique qu’elle affectionne lui ont permis de nous offrir un roman poignant, saisissant tant grave que beau de part la relation de Dandara avec sa mère Iansa, déesse des vents, des éclairs et des tempêtes. L’histoire de Dandara, nous renvoie à certaines croyances venues du continent africain qui veulent que nos ancêtres sont toujours présents et sont nos guides.

Ce roman peut servir tant de livre de développement personnel à travers le courage dont Dandara fait preuve :

« Sur le quai, Dandara s’était mise en position de combat, jambes pliées, un akofena dans chaque main. Dès que Kambo disparut, la guerrière se jeta sur les négriers. Sa logique avait toujours été celle de l’attaque : ne jamais attendre le premier coup, et toujours entamer les hostilités.»

  • de livre féministe :

« Les femmes aussi voyaient en Dandara un modèle et se sentaient prêtes à combattre. Elles étaient unies derrière leur cheffe, dont l’image se reflétait dans chacune d’elles.

Dandara voyait cette nuit comme l’apogée de toutes ses luttes, de ses efforts, de son dévouement, mais aussi de tous les deuils et obstacles qui avaient émaillé son chemin. Enfin, elle conduisait son peuple vers la réalisation d’un événement grandiose. Elle était sûre qu’Iansã l’accompagnait et guidait ses pas. La mission qui lui avait été attribuée atteignait enfin son but.»

  • mais aussi il peut servir à rendre à l’Afrique, aux africains, aux africains déportés et aux afro-descendants toute leur fierté.

« Les quatre hommes étaient désespérés. Leur voyage en Afrique, les dépenses, les marchandises échangées pour emplir la cale d’esclaves… Tout était perdu et s’envolait avec le navire, qui s’éloignait du port !

– Esclave insolente, misérable ! vociféra le plus âgé.

– Je m’appelle Dandara, guerrière de Palmares, et je suis une femme libre ! cria fièrement Dandara, envahissant tout l’espace de sa voix.»

Trop nombreux sont les livres, les récits, les films sur l’esclavage où la scène se déroule sur la propriété de l’esclavagiste, où nous ne voyons que tortures, avilissements et soumissions. Dans le roman de Jarid, la scène se déroule du côté des combattants pour la liberté, dans leur fief. Et il y est question d’entraide, d’une société organisée, de guerriers et guerrières, d’harmonie avec la nature, de force et de courage.

Je suis ravie d’avoir été approchée par l’éditrice pour faire ce servie presse car je ne connais pas l’histoire des afro-brésiliens, leurs luttes, leurs héros, leurs difficultés. Ce roman m’a donné envie d’en savoir plus.

«Le quilombo¹ de Palmares²  est mythique car il a tenu en échec pendant près d’un siècle les expéditions militaires hollandaises et portugaises. Il s’agit donc de la révolte d’esclaves la plus longue de l’Histoire.»

Par moment, le récit est dur, cru. C’est bouleversant. Mais il ne pouvait pas l’être moins car il est à l’image des barbaries qui se pratiquaient à l’époque.

J’encourage vivement Jarid à continuer de nous ravir avec d’autres récits comme celui-ci. Nous en avons besoin. Merci.

Notes du livre : ¹communauté d’esclaves fugitifs au Brésil / ²On pense que le nom Palmares vient de la très grande quantité de palmiers présents dans la région.


Pour quel public ? A partir de 14 ans (selon moi)
Où ai-je trouvé ce livre ? Il s’agit d’un service presse pour la maison d’édition Anacaona. Vous pouvez trouver le livre sur leur site internet ici : anacaona.fr

Auteur : Jarid Arraes 
Editeur : Anacaona
Prix : 10€

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